Éphémérothèque

11 janvier 2011

Ángel González

BREVES ACOTACIONES PARA UNA BIOGRAFÍA

Cuando tengas dinero regálame un anillo,
cuando no tengas nada dame una esquina de tu boca,
cuando no sepas qué hacer vente conmigo
—pero luego no digas que no sabes lo que haces.

Haces haces de leña en las mañanas
y se te vuelven flores en los brazos.
Yo te sostengo asida por los pétalos,
como te muevas te arrancaré el aroma.

Pero ya te lo dije:
cuando quieras marcharte esta es la puerta:
se llama Ángel y conduce al llanto.

Ángel González Muñiz, né le 3 septembre 1925 à Oviedo et mort le 12 janvier 2008 à Madrid, est un poète espagnol. Il étudie à l'École officielle de journalisme de Madrid. Il participe au groupe de poètes appelé « Génération des années 50 » ou « Génération du milieu du siècle »

Retrato_del_poeta_Angel_Gonz_lez

Sa première publication, en 1956, est Áspero mundo, et son second livre est Sin esperanza (Sans espoir) en 1961.

En 1985, il reçoit le prix Prince d'Asturias de littérature.

Sa poésie complète est publié sur le nom Palabra sobre palabra, en Seix Barral.

Voiçi un web très intéressant avec quelques poèmes de Ángel González:

http://www.poesi.as/Angel_Gonzalez.htm

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09 janvier 2011

Maïakovski

 

Vladimir Maïakovski (1893-1930), Владимир Владимирович Маяковский.

Fichier:Majakovskij.face.jpg

Maïakovski, Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste, scénariste...


Maïakovski, né le 7 juillet 1893 à Bagdadi - décédé le 14 avril 1939 à Moscou) est un poète, dramaturge et futuriste russe.

Voici le dernier poème de Vladimir Maïakovski (1893-1930), que l’on a retrouvé dans sa poche après son suicide.

 

Elle m’aime, elle ne m’aime pas
Je trie mes mains
Et j’ai cassé mes doigts.
Alors les premières têtes des marguerites
Secouées d’une chiquenaude
sont cueillies et sans doute
éparpillées en mai
que mes cheveux gris se révèlent
sous la coupe et la douche
que l’argent des années nous enserre éternellement !
honteuse sensation banale- sentiment que j’espère
que je jure
jamais elle ne reviendra vers moi.

[II]

C’est bientôt deux heures
Pas de doute tu dois déjà dormir
Dans la nuit
La voix lactée avec ses filigranes d’argent
Je ne suis pas pressé
Et rien en moi
Ne veille ni ne t’accable de télégrammes

[III]

La mer va pleurer
La mer va dormir
Comme ils disent.
L’incident s’est cassé la gueule.
Le bateau de l’amour de la vie
S’est brisé sur les rochers du quotidien trivial
Toi et moi sommes quittes ;
pas la peine de ressasser
Les injures de chacun
Les ennuis
Et les chagrins

[IV]

Tu vois,
En ce monde tous ces sommeils paisibles,
La nuit doit au ciel
Avec ses constellations d’argent
En une si belle heure que celle-ci
Quelqu’un alors s’élève et parle
Aux ères de l’histoire
Et à la création du monde.

[V]

Je connais le pouvoir des mots ; je connais le tocsin des mots
Ce n’est pas le genre que les boîtes applaudissent
De tels mots des cercueils peuvent jaillir de terre
Et iront s’étalant avec leurs quatre pieds en chêne ;
Parfois ils vous rejettent, pas de publication, pas d’édition.
Mais les mots sacro-saints qui vous étouffent continuent à galoper au dehors.
Vois comme le siècle nous cerne et tente de ramper
Pour lécher les mains calleuses de la poésie.
Je connais le pouvoir des mots. Comme broutilles qui tombent
Tels des pétales à côté de la piste de danse rehaussée.
Mais l’homme avec son âme, ses lèvres, ses os…

 

Ecoutez, si on allume les étoiles

 

Écoutez ! Puisqu'on allume les étoiles, c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?


C'est que quelqu'un désire qu'elles soient ? C'est que quelqu'un dit perles ces crachats ?


Et, forçant la bourrasque à midi des poussières, il fonce jusqu'à Dieu, craint d'arriver trop tard, pleure,


baise sa main noueuse, implore il lui faut une étoile !


jure qu'il ne peut supporter son martyre sans étoiles.


Ensuite, il promène son angoisse, il fait semblant d'être calme.


Il dit à quelqu'un : " Maintenant, tu vas mieux, n'est-ce pas ? T'as plus peur ? Dis ? "


Écoutez ! Puisqu'on allume les étoiles, c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?


c'est qu'il est indispensable, que tous les soirs au-dessus des toits


se mette à luire seule au moins une étoile?

 

 

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Erich Fried

 

 

Es ist was es ist

Es ist Unsinn
sagt die Vernunft
Es ist was es ist
sagt die Liebe

Es ist Unglück
sagt die Berechnung
Es ist nichts als Schmerz
sagt die Angst
Es ist aussichtslos
sagt die Einsicht
Es ist was es ist
sagt die Liebe

Es ist lächerlich
sagt der Stolz
Es ist leichtsinnig
sagt die Vorsicht
Es ist unmöglich
sagt die Erfahrung
Es ist was es ist
sagt die Liebe

 

'C'est ce que c'est...'

C'est absurde
dit la raison
- C'est ce que c'est
dit l'amour

C'est terrible
dit le jugement

C'est douloureux
dit la peur

C'est sans espoir
dit l'intellect
-C'est ce que c'est
dit l'amour

C'est ridicule
dit l'orgueil

C'est risqué
dit l'indifférence

C'est impossible
dit le doute
-C'est ce que c'est
dit l'amour



 

 

 

Erich Fried

Erich Fried (né le 6 mai 1921 à Vienne et mort le 22 novembre 1988 à Baden-Baden) poète, traducteur et essayiste autrichien juif.

http://fried-gedichte.de/index.html

 

Fichier:Bundesarchiv B 145 Bild-F088808-0036, Berlin, East Side Gallery.jpg

 

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Pessoa


Todas as cartas de amor são ridículas 

 

Todas as cartas de amor são
Ridículas.
Não seriam cartas de amor se não fossem
Ridículas.
 
Também escrevi em meu tempo cartas de amor,
Como as outras, 
Ridículas.
As cartas de amor, se há amor,
Têm de ser 
Ridículas.
 
Mas, afinal,
Só as criaturas que nunca escreveram
Cartas de amor
É que são
Ridículas.
 
Quem me dera no tempo em que escrevia
Sem dar por iso
Cartas de amor
Ridículas.
 
A verdade é que hoje
As minhas memórias
Dessas cartas de amor
É que são
Ridículas.
 
(Todas as palavras esdrúxulas,
Como os sentimentos esdrúxulos,
São naturalmente
Ridículas).

Fernando Pessoa

 

 

Fernando António Nogueira Pessoa est un écrivain et un poète portugais. Il est né a Lisbonne en 1888

 Il ecrivait sous différents hétéronymes:  Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos ou Bernardo Soares.

 

Les Œuvres les plus important sont: 

-Message.

-Le livre de l'intranquilité.

-Poésie anglaise.

 

Ici, la web de la Association Française des Amis de Fernando Pessoa:

http://www.fernando-pessoa.com/rubrique.php3?id_rubrique=3

 

 

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04 novembre 2010

Não digas nada! Fernando Pessoa

Não: não digas nada!
Supor o que dirá
A tua boca velada
É ouvi-lo já

É ouvi-lo melhor
Do que o dirias.
O que és não vem à flor
Das frases e dos dias.

És melhor do que tu.
Não digas nada: sê!
Graça do corpo nu
Que invisível se vê.
No: ¡No digas nada!
Suponer lo que dirá
Tu boca velada
Es oirlo ya

Es oir lo mejor
De lo que dirías.
Lo que eres no viene a la flor
De las frases y de los días.

Eres mejor de lo que tú.
No digas nada: ¡Sé!
Gracia del cuerpo desnudo
Que invisible se ve.

 

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02 novembre 2010

Baudelaire

 

Charles Pierre Baudelaire est un poète français, né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867 à Paris.

Sa Œuvre majeure est Les fleurs du mal, un recueil de poèmes. C’est l’une des œuvres les plus importantes de la poésie moderne.


Le poème suivant fait partie de Les fleurs du mal.

Hymne à la Beauté

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
O Beauté? ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore;
Tu répands des parfums comme un soir orageux;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit: Bénissons ce flambeau!
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu!
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu?

De Satan ou de Dieu, qu'importe? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, — fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine! —
L'univers moins hideux et les instants moins lourds?

Charles Baudelaire

 


 

 

 


 

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